James Koffi,monsieur 2 cri quats ,une légende et un précurseur du Rap Kayesien

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À l’état-civil, celui qu’on surnom James Koffi s’appelle Djibril Bakayoko .Il est un jeune kayesien qui a fait les beaux de l’avènement du Rap à kayes, sa ville natale. Devenu technicien de son, cet ex-basketteur, meilleur marqueur et à la fois meilleur joueur de toutes les régions du Mali à l’époque où il jouait aux juniors, lors d’une rencontre à Bamako au début de l’année 1990, l’enfant de Kayes liberté, l’un des quartiers populaires et chics de Kayes doit son sobriquet James Koffi par le biais de la musique. Et pourtant retrouver ce jeune sans ce surnom n’est pas aisé, car il est connu de ce pseudo par tous.
Qui ne se souvient pas des années folles ou Koffi Olomidé, l’un des ambassadeurs de la musique congolaise qui drainait le monde lors de ses spectacles en Afrique comme ailleurs ? Rattaché à la musique, certains l’appelaient Koffi Olomidé qui ne collait pas trop à ses yeux ! Il choisi de prendre le prénom « James » du célèbre Dj américain qui était en vogue aux USA, car derrière ce choix, se cache le Hip-hop qu’il projette de promouvoir, plus spécifiquement à Kayes, sa ville natale, pour être dans le temps et la tendance du moment. À la fin de l’année 1989 et au début de l’année 90, il va découvrir pour la première fois le mouvement Rap qui faisait son entrée en Afrique de l’Ouest et précisément à Bamako lors de ses vacances dans la capitale malienne. Pour la première fois, il découvre Alpha le tout premier rappeur malien qui étudiait au Canada.
« Il n’y avait pas de groupes de Rap et pour moi, c’était cet étudiant malien qui fut le premier rappeur de notre pays », se rappelle t-il encore comme si c’était hier. Dans un pays dirigé par le régime militaire de Moussa Traoré, cette musique qui est pourtant considérée comme une ligne d’éveil de conscience est mal vue par les autorités « qui redoutaient une révolte populaire ».
Malgré cette pression du régime militaire, James Koffi se lance peu à peu dans le monde musical en se rendant à l’espace Yanga qui est partit en fumée et devenu à ce jour, la maison des jeunes de Kayes ou les expatriés Kayesiens venus de France et les colonies de vacances animaient le coin à l’aide de l’instrument musical traditionnel « Djemé ».
En 1991, les jeunes maliens s’intéressent véritablement au Rap « après la révolution du 26 mars ou les jeunes se sont rebellés contre le système qu’ils décriaient, c’est après cette révolution que beaucoup de jeunes ont atterri dans le rap ». Tant bien que mal, les jeunes tentent le tour pour imposer cette musique au détriment d’autres genres musicaux dans les quartiers en 1993, mais se heurtaient à un problème de coordination et d’organisation. Ainsi le premier groupe de Rap Kayesien Kass Cool Boys dont les membres sont (Dramane dit Dra, Cherifou djan, Cheick, Bob qui vit aujourd’hui en France, feu Beka et son fils Alou) inconnu par la jeune génération verra le jour. Ce premier groupe légendaire  du rap Kayesien fut mis en place lorsque les membres quittaient Bamako pour les vacances à Kayes, avant de s’y installer définitivement.
« Ma plus grande difficulté a été le manque de compréhension de nos autorités policières, qui percevaient mal le RAP en pensaient que nous fumions de la drogue et le banditisme. L’autre était ma famille qui ne l’admettait pas aussi et pensait  que j’enseignais le banditisme aux enfants, c’est après avoir vu mon patron qui leur a expliqué que les enfants apprenaient l’art qu’elle a accepté ce que je faisais », explique à Kayesbamusic James Koffi au cours d’un entretien. 

« Moi et l’amical (alliance franco-malienne), c’est toute une histoire de vie qui a commencé par le basketball en 1989, 90,91 avant le jumelage entre la commune de Kayes et celle d’Evry en France »

Pour mieux promouvoir leur musique qui a coïncidé avec l’ère de la création de l’amical, un espace dédié à la promotion de la culture, Kass Cool Boys approche James Koffi précurseur du rap à Kayes pour lui présenter son projet afin de trouver un lieu pour la répétition. L’ex-basketteur devenu show-bizMan explique leur démarche à son mentor et parton feu Demba Traoré qui ne pose pas de problème à les accepter. 

Confronté à un manque cruel d’instruments de musique, James Koffi ne se décourage pas et joue au papa péni qui était loin du rap, mais situation oblige, il faut à tout prix faire avec ce qu’on a sous la main. En avril 1993, Koffi qui bénéficie de l’estime et  la confiance de son patron feu Demba Traoré est envoyé par celui-ci pour aller chercher des instruments à Tamba au Sénégal. Au retour de ce voyage, il se lance dans l’inscription des jeunes talents qui veulent exprimer leur savoir-faire  pour animer l’amical. Lors de cette inscription de talents ,5 groupes ( Kass cool, So Base, Mi Boys, Crazy B, Big Bazza) s’inscrivent pour étaler au  public , leur capacité de musicien d’où cette chanson des enfants qui imitaient d’Olomidé « amical tchaitchi olo, Allamahina kofi la ollo », c’était la belle époque, se souvient encore James Koffi.
Chargé de mission à l’amical, feu Demba Traoré le met en confiance pour son amour vis-à-vis de la culture. Patric Botchié nommé premier directeur de l’amical demanda à James Koffi de faire les animations qui sollicite à son tour, les services Niang film pour avoir son baffle, et égayer les visiteurs de l’amical. Pourtant ironie du sort, il ne savait pas parler au micro sa toute  première expérience fut avec  Elysée Matiné.
Quelques temps après, James Koffi se rendra à Bamako pour rencontrer le technicien français au Centre Culturel Français(CCF) avec l’arrivé de matériel de sonorisation pour l’amical. Durant 2 semaines, le technicien français et James font la première installation et maintenance, histoire pour ce jeune d’apprendre la technique de son.
Arrivé à Kayes avec le matériel, son formateur se retourne en France et James Koffi est recruté comme technicien permanent de l’amical 

L’aboutissement d’un long combat et d’un rêve qui deviennent une réalité et un espoir pour la jeunesse …

Désormais technicien de son et libre dans ses mouvements, il met en place avec son patron, un apprentissage de danse chorégraphique, de théâtre, rap pour les enfants qui veulent les apprendre.
Quelque temps passé, il est approché par Elysé Matiné animateur de radio au sommet de son art pour la mise en place de ‘’vacance culture’’en accord avec le comité d’animation de l’amical, du coordinateur Habi Thiam et  l’aide de certaines personnes comme Alou Coulibaly dit black. Vacance culture est un succès qui attire  la jeunesse autour de l’idéologie culturelle.

James Koffi ou monsieur 2 cri quats (2000 FCFA) 

Qui ne se souvient pas de l’une des chansons du rappeur Iba One citant James Koffi comme celui qui prenait d’abord 2000 FCFA avant que tu ne joues sur scène ?
Cette histoire peut paraître banale, mais juste et normale selon l’intéressé qui a expliqué que « le jour ou j’ai entendu cette chanson d’Iba One, j’étais vraiment content, parce qu’il venait de me rendre un énorme service en faisait passer un message à ces jeunes pour leur prise de conscience et de sérieux dans la musique. Croyez-vous que s’il n’y avait pas de sérieux, Iba One allait atteindre ce niveau ? Oui, je prends ces 2000FCFA et les partage après aux organisateurs, c’est tout. Pour moi, c’est un moyen de pression pour que les jeunes artistes fassent du bon boulot. Personne ne dira aujourd’hui que Iba One ne fait pas la fierté au Mali et en dehors des frontières. Voilà comment est venu cette histoire de 2000 F CFA, c’est juste pour motiver les jeunes et à prendre au sérieux  leur job ».

Monsieur 2 cri quats se dit fier d’avoir atteindre certains objectifs pour avoir formé certains jeunes dont l’animateur Dj max fait sensation sur les ondes d’une de place en accrochant les jeunes à la nouvelle tendance du Rap qu’il défend. L’homme a aussi collaboré avec des artistes gambiens qui faisaient le soul, M’Baye Kara du Sénégal, le groupe Guinée Innocents accusés et les Mauritaniens.
Comme un roi sur son trône, James Koffi dit resté imperturbable puis  serein .Il a comme, le sentiment  d’avoir accompli une mission qui appartiendrait désormais à la nouvelle génération, et  exhorte celle-ci à privilégier le travail pour en récolter les résultats un jour !

Rédaction KayesBaMusic

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