Demba Gadiogo, un violoniste traditionnel de la biennale 1986 a su forger son destin

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Demba Gadiogo est né à Kersigané. Passionné des instruments de musique traditionnelle qu’il fabrique appelé « kouna Kolo » après l’avoir hérité de son père qui est pour toute sa famille, un héritage familial, Demba Gadiogo découvre pour la première fois, la biennale artistique et culturelle du Mali en 1986 à laquelle il a participé pour faire connaître ses talents.
Aujourd’hui, Gadiogo joue 4 instruments traditionnels dont le ‘’Djouroukeleni’’ qu’il a dû laisser suite à un mauvais souvenir, car l’histoire raconte que « cet instrument est joué pour les génies. Donc, pour le faire, il faut un don hors du commun, sinon vous aurez des problèmes », nous confie Demba qui le raconte en anecdote au cours de notre rencontre. ‘’Le Sokou foli ’’ qu’il maîtrise et joue parfaitement, fait du natif de Kersigané, une armoirie de conserve pour les percutions du patrimoine culturel et des descendants dont il est issu. La particularité de Demba Gadiogo se situe au niveau de la fabrication, contrairement aux autres violonistes de notre tradition qui ne peuvent que jouer aux instruments sans pouvoir les fabriquer. L’enfant de Kérsigané sait aussi jouer, au Goni à 4 cordes.
N’ayant pas eu la chance d’étudier, il se fraye pour autant un chemin dans le monde des connaisseurs d’instruments violonistes. Malgré les nombreuses difficultés auxquelles il fait face dans son métier, Demba croit en son destin et ne baisse pas les bras.
Un jour de l’année 2007, après un passage à l’opéra du sahel, Demba Gadiogo est aux anges à Paris et un séjour temporaire en hollande pour enseigner son savoir-faire aux Européens qui ont une estime énorme en le voyant à l’œuvre.
Grâce aux différentes éditions de la biennale,il arrive à se faire un carnet d’adresses qui le conduit en Île de la réunion pour parapher un contrat et plusieurs opportunités s’offrent à lui dont le séjour n’a duré qu’un mois.
Pour lui, « il faut absolument pérenniser la biennale qui est un socle du donner et recevoir, mais qui permet aussi de valoriser la culture malienne et solidifier la cohésion sociale », mais déplore « la corruption » dont il a été victime lors de ses participations à la biennale.
S’il y a bien, un SOS à lancer, c’est de jeter un œil sur ce secteur d’activité pour la valoriser, car, il est même solliciter pour l’extraction laitière des vaches à travers son métier par les éleveurs, mais les nouvelles mariées en milieu peulh en demandent pour leur nouveau foyer.
Mon appel à ceux qui veulent venir dans notre domaine, « Qu’ils cherchent à connaître nos valeurs sociétales pour sauver notre culture. On peut tout avoir chez nous seulement si, nous nous investissons dans la formation au lieu que des milliers de jeunes périssent dans les eaux de l’océan », mais surtout « que nous autorités à travers le ministère en charge de la culture aient un regard sur les instrumentalistes du Mali, car nous avons le sentiment d’être laissé de Côté ».

Rédaction KayesBaMusic

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